mardi 16 décembre 2014

Bulletin novembre-décembre 2014

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SOMMAIRE de cette édition :




Actualité
2
Les Jours Heureux
5
Les Jours Heureux vus par les jeunes


Vie de la section
6
Bureau 2014-2015 de la section
7
Rapport moral 2014
8
Novembre et décembre marqués par une forte activité militante


Histoire
9
En hommage au caporal Lucien Lechat, et ses camarades de Souain, fusillés pour l’exemple
12
Jaurès et l'Affaire Dreyfus


International
18
Torture, les inquiétantes révélations sur la CIA

samedi 13 décembre 2014

Reconnaissance de la Palestine : écrivez à votre eurodéputé

Après l’Assemblée nationale et le Sénat, c’est au tour de nos députés européens de s’exprimer sur la reconnaissance de l’Etat de Palestine. Parce qu’un vote en ce sens contribuera à une solution politique et à une paix juste au Proche-Orient, écrivez à vos eurodéputés en quelques clics.

1. Cliquez sur l’encadré violet
2. Sélectionnez votre région puis entrez vos coordonnées
3. Cliquez sur l’encadré « envoyer votre message »

Campagne de mail à relayer et soutenir largement, le but étant d’avoir le plus grand nombre de participants avant le 17 décembre. Egalement sur Facebook et Twitter, nous comptons sur vous pour « liker », « partager » et « retwitter » massivement ! 

Torture, les inquiétantes révélations sur la CIA

Communiqué LDH
Paris, le 12 décembre 2014

Depuis 2002, nous savions que les Etats-Unis détenaient illégalement des centaines de suspects à Guantanamo, qui vivaient des conditions abjectes et étaient mal traités. Mais le rapport du Sénat américain révèle l’innommable. La permanence et l’importance de la torture, pratiquée sur les prisonniers pour en obtenir des renseignements, sont décrites et analysées, montrant au passage l’absurdité de ceux qui prétendent qu’elle pourrait être justifiée quand il s’agit de sauver des vies.

La torture est avant tout un acte de barbarie qui porte atteinte à la dignité humaine ; elle est appliquée à des suspects dont on suppose qu’ils seraient susceptibles de détenir des informations. Son interdiction, comme celle de l’esclavage, est proclamée par la Déclaration universelle des droits de l’Homme, et toutes les conventions internationales protégeant les droits de l’Homme. Elle est intangible et indélogeable, quelles que soient les circonstances et la qualité des personnes qui la pratiqueraient, ou de celles qui la subiraient.

C’est un message effrayant qui est ainsi envoyé au monde par la plus ancienne et la plus puissante des démocraties, et particulièrement aux tyrans, aux assassins et aux barbares qui ricanent quand on leur parle « droits de l’Homme ». Quand nous proclamons notre indignation, d’autres ricanent à leur tour. « Il ne faut pas faire d’angélisme sur ce sujet », dit Marine Le Pen, interrogée précisément sur la possibilité d’utiliser la torture pour « faire parler la personne ». Elle répond explicitement que ce peut être « par tous moyens ». Aucune équivoque n’est possible, ce qui n’empêche pas la présidente du Front national d’assumer un mensonge éclatant, osant prétendre que ses propos auraient été interprétés « de façon malveillante ». En fait sa réponse spontanée fait apparaître, de façon claire, que ses convictions sont restées celles de son père, et la « dédiabolisation » n’est qu’une attitude de surface, une hypocrisie, un « hommage que le vice rend à la vertu ».

Voilà qui démontre à nouveau l’évidente et urgente nécessité d’une mobilisation des forces démocratiques, rassemblées pour combattre les dangers de la montée de l’extrême droite. Il faut aussi exiger que la France fasse la clarté sur son passé. Il ne s’agit pas de repentance, mais d’Histoire et de mémoire. Les propos de François Hollande le 20 décembre 2012, à Alger, restent bien faibles face à ce que fut la torture pendant la guerre d’Algérie. Le Sénat américain a conduit une enquête approfondie, Barak Obama et le chef de la CIA ont reconnu et déploré l’existence de cette pratique abominable. Nous ne demandons pas une « repentance », mais une enquête parlementaire et la reconnaissance solennelle par le président de la République, chef des armées, de ce qui s’est passé en Algérie pendant huit ans.

La Loi organique de protection de la sécurité publique : une menace pour les libertés publiques en Espagne



Le Réseau Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme (REMDH), l'Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) et la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), déplorent l’adoption hier, 11 décembre, du projet de Loi organique de Protection de la Sécurité Publique en séance plénière du Congrès des Députés. Nos trois organisations dénoncent les restrictions croissantes du droit de manifestation en Espagne.
Cette loi, également appelée « loi bâillon », a été votée le 25 novembre dernier par la Commission des Affaires intérieures du Congrès des Députés, sans modifier le texte de manière substantive afin de protéger les droits des citoyens aux libertés d’expression et de réunion pacifique. En dépit du rejet de tous les partis de l’opposition, des organisations de la société civile dénonçant la menace directe que la loi fait peser sur les droits de réunion pacifique, et de 82 % de l'opinion publique espagnole d’après de récents sondages, cette loi a pourtant été adoptée le lendemain même de la Journée internationale des droits de l’Homme, et entrera en vigueur d’ici la fin de cette année.
Sous le prétexte d’améliorer la sécurité citoyenne, la Loi organique de Protection de la Sécurité Publique établit un arsenal de sanctions administratives parfois très lourdes visant à dissuader les citoyens et citoyennes d’exprimer leurs critiques par des manifestations publiques. Cette loi vise notamment à criminaliser des formes d’action collective et d'expression nouvelles qui se sont développées ces dernières années, y compris les escraches («manifestations de dénonciation publique»), les sit-in, campements sur les places publiques, « encerclements » pacifiques des parlements, et les «concerts de casseroles».
Entre autres, il est particulièrement alarmant que soit passibles d’amendes l’organisation de réunions publiques et de manifestations qui n’ont pas rempli les conditions de déclaration préalable, y compris les rassemblements spontanés pour lesquels la notification s’est avérée impossible. Le caractère pacifique des manifestations n’est nullement pris en compte. Les rassemblements pacifiques dans les environs du Congrès, Sénat ou des assemblées législatives des Communautés autonomes, si elles provoquent de graves perturbations de la sécurité publique, sont considérés comme une « infraction grave » punie par une amende pouvant aller jusqu’à 30.000 euros. L’utilisation « non autorisée » d’images des autorités ou des membres des forces de sécurité est également considérée comme une « infraction grave », ce qui pourrait entraver la documentation d’abus des forces de l’ordre et renforcer l’impunité dont celles-ci bénéficient.
Le REMDH, l’OMCT et la FIDH dénoncent également la légalisation par un amendement présenté à la dernière minute par le gouvernement des « expulsions à chaud », pratique à Ceuta et Melilla qui consiste à renvoyer immédiatement vers le Maroc les migrants qui ont réussi à franchir la frontière et nos organisations considèrent que cette nouvelle disposition législative  viole le droit d’asile et le principe de non-refoulement.  De plus, cet amendement crée des sévères risques de torture et mauvais traitements à l’encontre des migrants car ils seraient alors privés de la possibilité de présenter une demande en cas d’abus des forces de l’ordre.
La Loi organique de Protection de la Sécurité Publique est contraire aux engagements internationaux de l’Etat espagnol, notamment la Convention relative au statut des réfugiés de 1951, l’articles 12.1, 18 et 19 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE et de l’article 4 du Protocole n°4 et l’article 11 de la Convention européenne des droits de l’Homme, et aux recommandations de la Cour Européenne des droits de l’Homme et autres instances internationales des droits de l’Homme. Le Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, M. Nils Muiznieks, a également souligné la menace que présente la loi sur l’exercice du droit de réunion pacifique et a appelé à ce que les aspects relatifs à la demande d’autorisation préalable, la considération des manifestations autour du Congrès ou des assemblées régionales comme une faute grave et l'interdiction d'enregistrer des images des forces de sécurité dans l'exercice de leurs fonctions soient retirés de la version finale. Il a également rappelé lors de la Journée internationale des droits de l’Homme le 10 décembre, que la proposition de légaliser les expulsions automatiques et collectives de migrants est « injuste et illégale » en vertu du droit international.
Le REMDH, l’OMCT et la FIDH appellent donc les autorités espagnoles à modifier la loi sans délai afin que celle-ci soit conforme avec les normes internationales relatives aux droits de réunion et au droit d’asile, et attendent de l’Union européenne, y compris du Parlement européen et des autres États membres, une réaction ferme face à cette violation des libertés publiques en Espagne.