lundi 21 novembre 2016

PARLEMENT DE TURQUIE : DITES NON À L’IMPUNITÉ POUR LES ABUS SEXUELS SUR MINEURES, PROTÉGEZ LES VICTIMES D’UN MARIAGE FORCÉ AVEC LEUR AGRESSEUR!




EuroMed Droits dénonce fermement la motion parlementaire proposée le 17 Novembre visant à changer la loi actuelle sur les abus de mineur(e)s et qui prévoit d’annuler les poursuites et les condamnations pour abus sexuels si l’agresseur épouse sa victime.Si elle passe, cette réforme ouvrira la voie à la libération de prisonniers condamnés pour abus sexuel sur mineure, s’ils se sont mariés avant le 11 Novembre 2016. Cette mesure garantirait l’impunité aux auteurs d’abus sexuels, et infligerait une double peine aux jeunes filles obligées d’épouser et de vivre avec leur agresseur

La Turquie a déjà l’un de taux de mariages d’enfants les plus élevés en Europe. Les données officielles estiment que 15% des filles sont mariées avant 18 ans, mais dans certaines régions rurales ce serait près de 50% d’entre elles, en raison de la prévalence des unions religieuses non enregistrées.

Le Parlement votera à nouveau cette réforme mardi 22 Novembre. Si elle passe, cette réforme constituera une grave régression pour les droits des femmes et des enfants. Nous appelons donc le Parlement turc à honorer la prochaine Journée Internationale contre les violences faites aux femmes en rejetant cette mesure néfaste.



jeudi 17 novembre 2016

ÉTAT D’URGENCE : SANS RETOUR ?

Communiqué LDH

La LDH avait annoncé, passée la première période d’état d’urgence, que le renouvellement de celui-ci serait sans fin. De tout temps, sous tous les gouvernements et sous tous les régimes, les mesures d’exception sont comme une drogue pour les autorités : après y avoir goûté, elles ne peuvent plus s’en passer.
Soutenir qu’il est nécessaire de renouveler l’état d’urgence en raison de l’élection présidentielle et, probablement, des élections législatives qui suivent, c’est reconnaître un peu plus que l’exception devient la règle.
Si l’état d’urgence semble indolore à la grande majorité d’entre nous, ce n’est pas le cas des dizaines de personnes assignées à résidence, et qui ne bénéficient pas de la protection du juge judiciaire. Le prolonger, c’est prolonger la possibilité permanente d’effectuer des perquisitions dans des conditions qui ont été largement dénoncées, c’est donner un quasi blanc-seing aux pouvoirs publics pour interdire des manifestations et c’est, d’une manière générale, installer l’habitude de pouvoirs exceptionnels peu et mal contrôlés et qui sont utilisés à d’autres fins que celles annoncées.
Cela aboutit, enfin, à exacerber les tensions de toute nature, notamment en continuant à stigmatiser une partie de la population et en imposant aux forces de l’ordre des suggestions qui épuisent leurs capacités.
On est en droit de s’interroger sur l’utilité d’un état d’urgence destiné à lutter contre les actes de terrorisme, utilité dont le gouvernement n’apporte aucune justification.
La LDH appelle les parlementaires à prendre conscience qu’un tel renouvellement est une mesure dangereuse et démagogique, qui s’inscrit dans la remise en cause de l’Etat de droit.
 
Paris, le 16 novembre 2016


« Les suppliantes », un spectacle à voir et à faire connaître

La salle de spectacle de la Maison des associations (Rennes) était comble samedi dernier pour la représentation de la pièce de théâtre « les suppliantes ». Ecrite par Eschyle au 5ème siècle avant J.C, cette pièce est toujours d'actualité en 2016. Elle aborde les questions de la lutte des femmes pour leur liberté et de la demande d'asile. Cinquante femmes, les Danaïdes, refusent d’être épousées contre leur volonté par leurs cousins germains. Ayant fui l'Egypte en traversant la Méditerranée, elles échouent sur les rives de la cité d’Argos et demandent asile au peuple grec. Mais les cinquante cousins les poursuivent et prétendent les prendre de force. Malgré ses hésitations, le prince d'Argos accepte de les accueillir avec l'aide de son peuple et de les défendre.
Le Théâtre du Tiroir de Laval a adapté et monté cette pièce dans le cadre d'un « atelier citoyen ». L'originalité et la force du spectacle mis en scène parJean-Luc Bansard est de faire jouer des acteurs et actrices bénévoles de neuf pays différents, certains « sans-papiers », s'exprimant dans leurs langues d'origine (dont le français). Pour certains, la légende présentée est malheureusement l'histoire de leur vie.

Emotion, force et vitalité enthousiasmantes se dégagent du spectacle. Les acteurs incarnent à merveille leurs personnages ; leurs élocutions et leurs jeux sont dignes de ce ceux d'acteurs professionnels. Les choeurs (les acteurs eux-même), parfaitement maîtrisés, rappellent le théâtre antique et apportent émotion et humanité dans cette présentation.

Allez voir ce spectacle et invitez la troupe à le produire

MD

mardi 15 novembre 2016

Fichier TES, danger pour les libertés



Le décret TES (« Titres électroniques sécurisés ») publié par le gouvernement, comme par effraction, le 28 octobre dernier trahit les principes démocratiques tant sur la forme (la manière dont il a été élaboré et publié) que sur le fond (la création d’un fichier centralisant les données d’identité, de filiation et de biométrie de l’ensemble des Français).

La légalité du décret est assise sur un ensemble législatif ancien, porteur, en lui-même, des dangers que ce fichier TES met brutalement en lumière aujourd’hui. L’article 27 de la loi dite « informatique et libertés » du 6 janvier 1978 laisse au gouvernement la faculté d’instituer, par un simple décret, tous traitements de données à caractère personnel pour le compte de l’État, ou touchant à la sécurité nationale. Pire, depuis 2004, les données biométriques sont soumises au même régime, au mépris de leur sensibilité extrême. De cette honteuse manœuvre, notre démocratie devrait tirer toutes conséquences : l’absence de contrôle parlementaire sur la création de fichiers concernant les individus par l’exécutif doit être combattue.

Mort aux vaincus !




A quoi joue-t-on ? Les arrestations de membres de l’ETA se poursuivent, les prisonniers de l’ETA en France comme en Espagne restent traités de manière indigne, et la justice espagnole poursuit sa chasse aux sorcières contre ceux et celles qui portent simplement une parole politique. Elle vient de délivrer, une nouvelle fois, un mandat d’arrêt européen contre une ressortissante française pour des actions, parfaitement légales aux yeux de la loi française, menées en France ! 

On le sait, l’ETA a mis fin à la lutte armée. Cette organisation a mis définitivement fin au recours à la violence. Et c’est non seulement les militants encore libres mais aussi les prisonniers qui ont pris, de manière unilatérale, cette décision. Plus encore, les uns et les autres ont publiquement déclaré qu’ils acceptaient le jeu démocratique et qu’ils y participeraient. Ceci ne s’est pas fait en catimini. Une conférence a eu lieu, à Aiete, en 2011. Elle réunissait des personnalités venues du monde entier : Koffi Annan, Gerry Adams, Bertie Ahern ou Pierre Joxe. Ils encourageaient les gouvernements espagnols et français à accueillir favorablement la déclaration de l’ETA et à ouvrir le dialogue. En 2015, une conférence se tenait à l’Assemblée nationale, avec l’assentiment d’élus français de droite comme de gauche, pour aller dans le même sens. Depuis, rien n’a bougé et les gouvernements français et espagnols font comme si l’ETA était encore un ennemi à combattre, allant même jusqu’à refuser de discuter des conditions dans lesquelles l’ETA se propose de remettre le stock d’armes et d’explosifs encore en sa possession.

mercredi 2 novembre 2016

Lutte de femmes pour leur liberté et demande d'asile

Lutte des femmes contre l'oppression dont elles sont victimes et demande d'asile sont le sujet de la pièce de théâtre 

«  Les Suppliantes » (d’après Eschyle, - 466 av JC)

présentée par Le théâtre du Tiroir de Laval
à Rennes, le 12 novembre 2016, à 18h
Maison des associations, 6 cours des alliés
 

L'histoire : cinquante femmes, les Danaïdes, refusent d’être « épousées contre leur volonté » par leurs cousins germains, les Égyptiades, cinquante fils du frère de leur père. Elles fuient par la mer la mort qu’on leur promet, accompagnées de leur père Danaos. Mais les cinquante cousins les poursuivent prétendant les prendre de force. Les Suppliantes échouent sur les rives de la cité d’Argos et demandent asile au peuple grec.
La pièce raconte comment, dans le pire des rapports de force possible, la maîtrise féminine résiste à la force masculine. Quant au Prince, il doit reconnaître que les gouvernants ne peuvent pas décider sans l’approbation de la population, ce « personnage collectif de la cité ».