Comme dans plus de 160 villes de France, deux
« Cercles de silence » se tiennent chaque mois, en
Ille-et-Vilaine, pour demander, de manière non-violente, la
fermeture des Centres de rétention administrative (CRA), tel celui
de Rennes-St-Jacques (bus 57, Parc des Expositions), ou leur
transformation en centres d’accueil pour migrants. Aujourd’hui,
les CRA servent à la rétention d’étrangers sans papiers menacés
d’expulsion. Plusieurs organismes brétilliens (ACAT, Accueillir et
Partager, Amitié entre les religions, Bienvenue !, CCFD,
Cimade, Citoyens et chrétiens 35, Fraternités franciscaines, Ligue
des droits de l’homme, Mouvement de la Paix, Secours catholique,
Service civil international et Vie nouvelle) appellent ainsi à se
rassembler : à Saint-Malo, le mardi 3 novembre, de 17h30 à
18h30, Porte Saint-Vincent ; à Rennes, le mercredi 4 novembre,
de 18h à 19h, Place de la Mairie. Un site à consulter :
www.cercle-silence.org
dimanche 25 octobre 2015
samedi 24 octobre 2015
Le rapport de la Commission d’enquête de la LDH sur les conditions ayant conduit à la mort de Rémi Fraisse (Sivens, octobre 2014)
Suite
aux événements qui ont provoqué la mort de Rémi Fraisse dans
la nuit du 25 au 26 octobre 2014, la Ligue des droits de
l’Homme a constitué en novembre 2014 une Commission
d’enquête citoyenne visant à recenser systématiquement les
faits liés à cet événement, à analyser son contexte et à
porter ainsi un éclairage sur les conditions qui ont conduit
à la mort de ce jeune militant écologiste sur le site de
Sivens.
Mobilisant
une vingtaine de personnes, cette Commission a procédé, sur
la période d’une année, à une trentaine d’auditions sur les
lieux même de l’événement et à proximité, auprès de
personnes ayant été directement ou indirectement les
protagonistes de ce drame, qui ont bien voulu répondre à ses
questions (« zadistes », responsables associatifs, élus,
témoins directs des événements du 25 octobre et de la
période qui les a précédés). Ce travail a été complété par
la lecture et le visionnage critiques de l’ensemble des
écrits et documents audiovisuels publics et privés
disponibles concernant cette affaire.
Le
rapport s’attache à l’historique du projet de barrage, aux
conditions de gestion du dossier et de la décision publique,
ainsi qu’au jeu des différents acteurs impliqués. Dans une
deuxième partie, il considère l’ensemble des violences
commises sur le site dès la mise en œuvre du chantier, tant
celles commises sur les forces de l’ordre que celles
perpétrées par ces dernières à l’encontre des opposants au
barrage. Le rapport examine de façon particulière le
contexte spécifique du décès de Rémi Fraisse et
particulièrement les conditions d’intervention des agents et
des autorités responsables du maintien de l’ordre. Enfin, il
revient sur ce qu’ont été les réactions des autorités
étatiques et judiciaires dans les heures et les jours qui
ont suivi cette mort.
Se
décalant très sensiblement des informations et des rapports
précédents qui ont pu être diffusés durant toute la période
considérée, et à l’occasion même des faits, ce rapport
d’enquête les éclaire d’un jour original en les passant tant
au crible du droit qu’à celui des pratiques démocratiques et
citoyennes. Il se conclut par une série de préconisations, à
partir de l’analyse critique développée.
jeudi 15 octobre 2015
mardi 13 octobre 2015
[Communiqué LDH] Un prix Nobel qui honore la société civile tunisienne
Paris,
le 12 octobre 2015
La Ligue des droits de l’Homme a eu l’occasion, à maintes reprises, d’exprimer sa solidarité envers toutes les forces de la société civile qui se sont battues pour faire reconnaître l’aspiration à la liberté et à la dignité du peuple tunisien. Elle se réjouit de l’attribution du prix Nobel de la paix au quartet qui a conduit le dialogue national permettant à la Tunisie de trouver le chemin d’une démocratie pluraliste.
Après
les années de plomb du régime Ben Ali, le « printemps de
jasmin » a ouvert la voie à l’ensemble des printemps arabes
et confère à la Tunisie une responsabilité particulière. Le
chemin qu’elle a choisi est difficile et le pays reste
confronté à d’énormes difficultés économiques, financières
et sociales. Les récents attentats perpétrés au musée du
Bardo et dans un hôtel de Sousse témoignent de la volonté
portée par certains groupes terroristes de plonger le pays
dans le chaos, de déstabiliser l’Etat de droit et de le
pousser à remettre en cause les acquis du printemps 2011 par
une réponse exclusivement sécuritaire.
Avec
ce prix, c’est l’ensemble de la société civile tunisienne
qui est honorée, et la LDH entend poursuivre ses liens avec
l’ensemble des forces démocratiques qui, sur le terrain,
œuvrent à la défense de la démocratie et des droits de
l’Homme.
dimanche 20 septembre 2015
jeudi 17 septembre 2015
Tribune de Françoise Dumont, présidente de la LDH.
L’État veut couper les vivres à la Fasti
Alors que la France s’est engagée à accueillir 24 000 réfugiés
Source : L'Humanité, 11 septembre 2015, http://www.humanite.fr/letat-veut-couper-les-vivres-la-fasti-583620
L’État
dépense des dizaines de millions d’euros pour empêcher les migrant-e-s
de poursuivre leur route migratoire, des centaines de millions d’euros
pour expulser des étranger-e-s vivant tranquillement en famille, ou
encore des réfugié-e-s vers leurs pays en guerre comme le Soudan et
l’Afghanistan ; il bloque les réfugié-e-s à la frontière italienne, au
mépris des accords de Schengen ; il laisse à la rue des centaines
d’enfants étrangers sans famille, et il fait voter des lois de réclusion
renforcée des demandeurs d’asile malchanceux.
Derrière cette spectaculaire politique de fermeture, on
connaît peu l’entreprise de précarisation grandissante des migrant-e-s
par toutes sortes de ruses administratives, et encore moins le travail
de fourmi des associations auxquelles l’État délègue la mission
d’accueil, d’accompagnement et d’insertion sociale des immigré-e-s.
Parmi elles, les 57 Associations
de solidarité avec tou-tes les
immigré-e-s (Asti) et leur fédération, la Fasti, sont ainsi mobilisées
pour l’égalité des droits de toutes et tous.
Leurs actions, comme celles d’une large partie du monde
associatif, sont financées majoritairement par des fonds publics à
différents échelons – collectivités territoriales, ministères, agences
régionales de santé (ARS)… – sur la base d’appels à projets, renouvelés
année après année. Ces financements sont nécessaires à la Fasti pour
assurer les missions que lui ont confiées les Asti, notamment de
coordination, de formation et de mutualisation des pratiques locales
(accompagnement des personnes primo-arrivantes, accompagnement à la
scolarité, formation linguistique, orientation vers les structures de
droits communs, etc.)
Aujourd’hui, la Fasti est en danger : une récente décision
du ministère de l’Intérieur, par le biais de la direction de l’accueil,
de l’accompagnement des étrangers et de la nationalité (Daaen),
compromet gravement la survie de ce mouvement pour la solidarité et la
défense des droits des migrant-e-s. En effet, la Daaen vient de mettre
un terme brutal à la subvention qu’elle accordait à la Fasti depuis
plusieurs années, d’un montant de 105 000 euros annuels, une part
conséquente d’un budget qui permettait de financer la formation des
militant-e-s et bénévoles aux droits des étranger-e-s, aux techniques
d’écoute et d’accueil, à la prévention et à la détection des situations
de violences faites aux femmes.
Via quelques lignes transmises début août, la Daaen l’a
informée ainsi : « Malgré tout l’intérêt porté à votre demande, j’ai
néanmoins le regret de vous informer que votre projet n’a pu être
retenu, au regard des priorisations que l’administration a dû effectuer
dans le cadre d’une enveloppe budgétaire contrainte. » C’est dans cette
logique néolibérale et de mise en concurrence des associations qu’on
choisit, qu’on trie… Une association de plus qui disparaît au nom de
priorités (dont nous ne connaissons pas le contenu), cela devient juste
un acte technique.
Usager-e-s, militant-e-s associatif-ve-s, bénévoles,
chercheurs-euses, artistes, éditeurs/éditrices, avocat-e-s, médecins…
nous avons fait route avec la Fasti et/ou nous soutenons ses actions.
Nous nous reconnaissons dans les batailles menées contre les
discriminations sexistes, sociales et racistes, des années 1960 jusqu’à
aujourd’hui, et dans les actions visant à favoriser l’émancipation de
toutes et tous (permanences d’accès aux droits, ateliers
sociolinguistiques, accompagnement à la scolarité, repas partagés…).
Nous ne pouvons pas accepter que soit ainsi sacrifiée une
fédération d’associations et, avec elle, la vie de 25 000 bénéficiaires,
l’engagement de 2 000 bénévoles et d’une dizaine de salarié-e-s.
Sacrifier la Fasti sous couvert d’économies, c’est faire disparaître une
association sérieuse, engagée, militante, qui participe, au quotidien, à
faire vivre la solidarité et les engagements contenus dans la
déclaration internationale des droits de l’homme, le préambule de la
Constitution française et toutes les conventions en matière de respect
des droits humains signés par la France. C’est faire le choix
d’asphyxier un contre-pouvoir pourtant nécessaire à la vie démocratique.
Cela, alors même que le contexte national et international
exigerait un renforcement de son action.
Le nombre de personnes
mourant sur les routes migratoires n’a en effet jamais été aussi élevé ;
les actes racistes se multiplient et les discours publics ouvertement
xénophobes se banalisent ; les lois sont de plus en plus répressives,
liberticides
et suspicieuses à l’égard des migrant-e-s et de leurs
soutiens, quand elles ne contribuent pas à les criminaliser.
Détruire une organisation comme la Fasti, c’est affirmer
l’abandon d’une politique migratoire respectueuse des droits humains,
c’est affirmer l’abandon pur et simple du principe de solidarité.
Pour une véritable égalité des droits, la Fasti doit vivre !
Ce texte a été signé par : Jérôme Ruillier, scénariste et dessinateur de bandes dessinées
; Christophe Dabitch, auteur de bandes dessinées et écrivain ; Benjamin Flao,
scénariste et dessinateur de bandes dessinées ; Lionel Brouck, dessinateur de bandes
dessinées ; Grégory Lassalle, documentariste ; Romain Goupil, cinéaste ; Laurent
Cantet, cinéaste ; Christophe Ruggia, cinéaste ; Brigitte Roüan, cinéaste et comédienne ;
Pedro Vianna, rédacteur en chef de la revue Migrations-Société, éditions L’Agrume ;
Julien Salingue, docteur en science politique ; Éric Fassin, sociologue à l’université Paris-
VIII ; François Brun, sociologue ; Pierre Barron, sociologue ; Nicolas Jounin, sociologue ;
Olivier Le Cour Grandmaison, politologue ; Françoise Lorcerie, directrice de recherche
au CNRS ; Emmanuel Terray, anthropologue ; Marguerite Rollinde, sociologue ; Claude
Calame, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales ; Françoise
Martres, présidente du Syndicat de la magistrature ; Patrick Picard, syndicaliste CGT ;
Christine Kermoal, syndicaliste CGT ; Birgit Hilpert, syndicaliste CGT ; Marc Norguez,
syndicaliste CGT ; Éric Beynel, secrétariat national de l’Union syndicale Solidaires ; Cécile
Gondard-Lalanne, secrétariat national de l’Union syndicale Solidaires ; Sébastien
Peigney, secrétariat national de l’Union syndicale Solidaires ; Gus Massiah, ancien
président du Crid ; Abdallah Zniber, ancien président du réseau IDD ; Mouhieddine
Cherbib, ancien président de la FTCR ; Jean Rousseau, président d’Emmaüs International ;
Sissoko Anzoumane, porte-parole de la CSP 75 (coordination des sans-papiers du 75)
et de la CISPM (Coalition internationale des sans-papiers et migrants) ; Françoise Dumont,
présidente de la LDH ; Patrick Farbiaz, représentant de Sortir du colonialisme ;
la Cimade ; le Mrap ; le Comede, le Gisti.
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