samedi 13 août 2016

Attention "La Commission Citoyenne des Droit de l'Homme" n'a rien de commun avec la Ligue des Droits de l'Homme, au contraire

A plusieurs reprises ces derniers jours OF se fait l'écho d'une manifestation de la "Commission Citoyennes des Droits de l'Homme" dénonçant  "les internements en psychiatrie et les abus de traitement ...."
Or, il s'agit ni plus ni moins que d'une émanation de l'Eglise de Scientologie, une simple visite sur le site de cette dernière vous le montre ....(http://www.scientologie.fr/how-we-help/citizens-commission-on-human-rights.html ) . Elle est d'ailleurs dénoncée à ce titre par la Ligue des Droits de l'Homme ( http://www.ldh-france.org/La-Commission-des-citoyens-pour/) et citée par la MIVILUDES .
Son discours est simple , et plus il est gros , mieux il fonctionne du genre : "où vos enfants risquent-ils le plus d'être agressés sexuellement : chez le psychiatre", ou encore : "qui détient le plus de personnes incarcérées la Syrie, la Corée du Nord , non les psychiatres" ....et le reste à l'avenant (voir le clip vidéo "questions...."http://fr.cchr.org/videos/cchr-ads.html)
C'est d'ailleurs une pratique des plus classiques de la Scientologie pour son business : utiliser des "faux-nez" aux noms proches de préférence d'organismes ou d'institutions reconnues, (là tout y est : commission, citoyens, droits de l'homme !!!!), s'adresser, comme tous les escrocs, aux personnes fragiles et à leur entourage ......semer la confusion : par exemple ce raid rappelle étrangement la manifestation à l'initiative de l'UNAFAM-Union Nationale des Familles et Amis des Malades psychiques- appelée "psycyclette" qui tous les ans réunit des personnes souffrant de maladie, des soignants et des familles pour rejoindre Paris à partir de villes de différentes régions , la dernière est partie de Caen dans l'Ouest ....
Et pour faire quoi : vous verrez sur le site que leurs seules propositions sont de crier haro sur les psychiatres et la psychiatrie, de contacter un avocat et porter plainte, de ne surtout pas prendre de médicaments, et de les contacter eux , surtout ....Pour le reste  : rien . Des soins ? Les rejoindre ....
Que la psychiatrie n'aille pas très bien , tout le monde en convient . Entre les restrictions budgétaires qui touchent aussi les hôpitaux psychiatriques et l' hôpital Guillaume Régnier alors que le soin en psychiatrie c'est, ce devrait être, avant tout du personnel, le manque de moyens pour rénover des services obsolètes, une recherche publique réduite à la portion congrue, le manque de liaisons entre le médical et le social, etc.... qu'il y aient des abus , aussi bien dans les traitements que dans les hospitalisations, il serait idiot de le nier . Comme il est scandaleux aussi , il faut le rappeler que beaucoup de gens en prison ou à la rue qui souffrent de maladies n'aient pas accès aux soins ....
Mais en faire un grand amalgame pour dénoncer le grand complot de la psychiatrie , c'est de la manipulation de la pire espèce .
Car malheureusement les maladies mentales existent, les personnes qui en souffrent et  leurs proches peuvent en témoigner ! Apporter du soutien tous les jours, créer des structures d'accueil adaptées ( logement) et des services d'aides (aides ménagères) pour la vie de tous les jours, défendre les droits des patients dans les instances comme la Commission des Usagers de l'hôpital, la Commission Départementale de Soins Psychiatriques,etc....voilà quelques idées d'action concrètes qui permettent de soulager la vie pas facile des personnes qui sont malades et qui vivent parmi nous .
Et tout simplement combattre l'ignorance qui génère la peur de ces maladies et de la psychiatrie .

Pierre-Philippe JEAN
Bénévole membre de l'UNAFAM35
membre de la LdH Rennes

mardi 26 juillet 2016

LA DÉMOCRATIE, L’ETAT DE DROIT ET LA FRATERNITÉ DOIVENT ÊTRE NOS RÉPONSES

Communiqué LDH
Une fois de plus, des actes de terrorisme viennent d’endeuiller notre pays. C’est la communauté catholique qui vient d’être frappée et, au-delà de l’indignation suscitée, nous pensons d’abord aux victimes, à leurs proches, et à tous ceux qui les côtoyaient. Rien ne peut justifier une telle barbarie.
Quelques jours après le vote d’une nouvelles prorogation de l’état de d’urgence et de nouvelles dispositions qui modifient le Code pénal, la LDH réaffirme que ce n’est pas par une fuite en avant dans de nouvelles mesures sécuritaires que nous parviendrons à endiguer ce fléau. Nous n’avons pas besoin de surenchères démagogiques qui déshonorent ceux et celles qui s’y adonnent. Lutter contre cette idéologie de mort, c’est d’abord respecter les valeurs que les auteurs de tels actes veulent abattre : démocratie, Etat de droit, refus de toute stigmatisation. Voici quelles doivent être nos valeurs et nos réponses.
Paris, le 26 juillet 2016

jeudi 21 juillet 2016

Une procédure d’exception pour une loi d’exception



Les assauts de démagogie qui ont présidé aux débats sur la prolongation de l’état d’urgence ne peuvent dissimuler que les mesures décidées par le Parlement à l’initiative du gouvernement restreignent nos libertés, sans pour autant être un gage d’efficacité dans la lutte contre les actes de terrorisme.

La loi prorogeant pour une quatrième fois l’état d’urgence, qui va être adoptée cet après-midi, n’est pas seulement inutile, elle est dangereuse.

Elle est dangereuse parce qu’elle pérennise une situation d’exception, parce qu’elle laisse à la discrétion du gouvernement le droit de manifester et accroît les pouvoirs de la police au point de justifier de retenir un enfant pendant quatre heures et de saisir les données personnelles sans réel contrôle puisqu’une nouvelle fois, le juge judiciaire est écarté.

Mais cette loi est aussi une atteinte directe au processus démocratique. En y intégrant des modifications pérennes du Code pénal, les parlementaires et le gouvernement ont institué une nouvelle manière de légiférer, dans la précipitation et au mépris de toute règle démocratique. Bien entendu, comme on peut s’y attendre, cette négation des principes du débat parlementaire ne sera pas soumise à l’appréciation du Conseil constitutionnel.

La LDH condamne absolument une loi d’exception adoptée par une procédure d’exception.

Communiqué LDH
Paris, le 21 juillet 2016

mercredi 20 juillet 2016

Et six mois de plus !

Communiqué commun
Entre janvier et septembre 2016, à Paris, Calais, Cherbourg, Chocques, Dieppe et Steenvoorde, de nombreux campements ont été détruits, où survivaient plusieurs centaines d’hommes, femmes et enfants.
A Norrent-Fontes, un campement où survivent 250 exilé.e.s est menacé à son tour. Cet endroit précis est  pourtant habité depuis 2008, suite à un accord passé entre les collectivités locales, les associations et les exilés, après une décennie d’expulsions délétères. Ce campement, financé par le Réseau des Élus Hospitaliers a, comme de nombreux autres, été toléré et reconnu par les autorités préfectorales qui veulent maintenant le détruire au mépris des personnes qui s’y abritent. L’audience au tribunal de Béthune aura lieu le mercredi 14 septembre prochain.
A Calais, les autorités préparent la destruction des cabanes où survivent 9000 personnes. C’est pourtant précisément à cet endroit que les mêmes autorités ont décidé de parquer ces gens en 2015, le plus loin possible de la vie de la cité, tolérant explicitement la construction de ces abris. Malgré les conditions de vie extrêmement difficiles, les exilé.e.s se sont organisé.e.s individuellement et collectivement. Une vie sociale s’est développée, aujourd’hui menacée, sans autre solution que l’errance.

mardi 19 juillet 2016

Paris, Bruxelles, Nice, mais aussi Beyrouth, Bagdad, Istanbul, Orlando et tant d'autres...





L'Association Européenne pour la défense des Droits de l'Homme condamne ce qui ne peut être considéré que comme un crime horrible. L'AEDH s'incline devant les victimes et assure leurs proches de sa solidarité. Les actes violents à l’encontre d’autres êtres humains restent injustifiables, où qu'ils soient, quels qu'ils soient. Mais ils pourraient avoir un but : diviser et séparer, instaurer la peur et faire croire qu'une communauté de destins et de vie ne peut se construire que dans le rejet, la guerre et la mort des autres. En la matière, alors que la base territoriale revendiquée des commanditaires semble en passe d'être liquidée, le danger persiste : acculé à la défensive, Daesh développe de nouvelles méthodes faites d'armes par destination mues par des auteurs difficilement identifiables.

L'AEDH dénonce dès lors le maintien d'un discours qui fait croire à l'assurance illusoire de la sécurité au prix des libertés et des droits. Mensonge, surenchère et danger : telles en sont les caractéristiques. Car la démonstration est faite que l'affaiblissement des droits civiques et des libertés publiques n'est pas une solution, et ne fait que favoriser la naissance de ces actes horribles. Car la surenchère et la présentation de fausses solutions face aux peurs de la population sont le fonds de commerce habituel de ces politiques qui utilisent ces mêmes peurs pour leur (re)conquête du pouvoir. Car le danger est de faire croire aux uns et aux autres que l'avenir est dans la séparation entre les groupes au nom d'une origine assignée et d'une religion imposée.

lundi 18 juillet 2016

UNE QUATRIÈME PROROGATION DE L’ÉTAT D’URGENCE ? LA DÉMAGOGIE AU LIEU DU DÉBAT DÉMOCRATIQUE

Le gouvernement vient d’annoncer une quatrième prorogation de l’état d’urgence et celle-ci sera sans doute avalisée par le Parlement. Tous les parlementaires, y compris celles et ceux qui prétendent le contraire, le gouvernement lui-même, savent que cette prorogation est inutile. Elle relève de la gesticulation et non d’une gestion raisonnée et démocratique de la situation. En revanche, maintenir pendant près d’un an, à ce jour, ce régime, c’est faire de l’exception la règle.

Alors que les pouvoirs publics ont fait voter des dispositions extrêmement graves pour les libertés au prétexte qu’il fallait organiser une sorte d’état d’urgence sans l’état d’urgence, voici qu’ils conjuguent ces textes répressifs et l’état d’urgence. Une telle attitude, à laquelle s’ajoutent les propos démagogiques d’une grande partie de l’opposition, ne permet nullement de lutter efficacement contre les actes de terrorisme mais porte atteinte à tous les ressorts de la vie démocratique.


Ainsi que la LDH l’a déjà rappelé, c’est bien en s’appuyant sur l’état de droit et les libertés, en s’éloignant de toute démagogie, que nous ne céderons pas à la peur et que nous préserverons notre démocratie.

Communiqué LDH
Paris, le 18 juillet 2016